Viktor Bout – dosar complet de crimă organizată și terorism (ep. 3, 4)

Vă prezentăm în continuare, în serial, una dintre cele mai complexe documentații referitoare la crimă organizată și terorism, derulate de celebrul traficant de armament Viktor Bout și complicii săi.

Eduard Ovidiu Ohanesian

cotidianul.ro - Autor
Viktor Bout – dosar complet de crimă organizată și terorism (ep. 3, 4)

Vă prezentăm în continuare, în serial, una dintre cele mai complexe documentații referitoare la crimă organizată și terorism, derulate de celebrul traficant de armament Viktor Bout și complicii săi.

Eduard Ovidiu Ohanesian

Vă prezentăm în continuare, în serial, una dintre cele mai complexe documentații referitoare la crimă organizată și terorism, derulate de celebrul traficant de armament Viktor Bout și complicii săi. Reamintim că celebrul Bout a fost prins de autoritățile americane, judecat și condamnat la 25 de ani închisoare de abia după ce serviciile secrete române (partenere de trafic cu armament ale lui Viktor Bout) l-au trădat. Parchetul General și serviciile secrete române au deschis cu această ocazie dosarul strict secret de importanță deosebită 628/D/P/2005, care și astăzi este ținut la sertarul cuplului Băsescu-Kovesi. Dosarul Armamentul, cum este acesta cunoscut a fost disjuns în 4 iulie 2005, din dosarul Răpirea din Irak și conține date importante din dosarul Îigareta 2. Inclusiv Anexa S207 a dosarului Țigareta 2, secretizată abuziv de Palatul Cotroceni. Ce ascund complicii români ai lui Viktor Bout ? Veți afla în continuare. Din păcate, informațiile ne-au fost furnizate în limba franceză, neavând timpul necesar traducerii.

Eduard Ovidiu Ohanesian

Episodul 3

L’Afrique, avant l’Afghanistan ou le Kosovo, donc, mais encore avant un petit aéroport perdu au fond de l’Arkansas, patrie de Bill Clinton. Car cet endroit, dans les années 80-90, où les USA soutiennent les mouvements islamistes par haine du communisme est vite devenu une plaque tournante incontournable de différents trafics : celui des armes, bien sûr, mais en même temps celui de vastes quantités de drogue, de la cocaïne, surtout, en provenance de Colombie et chargée d’inonder le marché américain et européen. Sur ce tout petit aéroport de campagne vont donc se poser des engins inattendus. D’antiques Fairchild C-123 Providerde la guerre du Viet-Nam, des Hercules HC-130 et autres avions de transports, et même des Boeing 727 Afghans ! Pour cela, toute un myriade de fausses sociétés commerciales d’aviation vont être inventées, toutes reproduisant le syndrome d’Air America . A savoir des avions au look civils, mais pilotés par des militaires ou des mercenaires en mission gouvernementale. Ces sociétés, nous les retrouverons durant l’ère Bush, car ce sont les mêmes qui effectueront les fameux vols de „renditions”, pour que les prisonniers de Guantanamo aillent se faire torturer ailleurs qu’aux USA… Parmi celles-ci, une entreprise de Viktor Bout.

Des Kalachnikovs des Balkans apparues on ne sait comment en Afghanistan , où Al-Qaida „prend le contrôle” disait-on précédémment „officiellement” ? Sauf… que des photos vont démonter le bel édifice. Une seule, pour commencer. Celle-ci. Un des fameux Boeing d’Ariana Airlines, (ici un exemplaire de 1973 à Orly !) en train d’être remis à neuf au beau milieu… de l’Arkansas. Le fief des Clinton , en un endroit très spécial : la base „secrète” de la Mena, celle qui relie le pays aux trafics de l’Iran-Gate d’un côté et des opérations douteuses de la CIA en… Afghanistan . Le même, repeint et photographié ici à Athènes, en 2008. Je reviendrais bientôt plus en détail sur le rôle de cette base qui a fait la une des journaux à scandale aux temps de Clinton (une manœuvre des républicains pour l’abattre politiquement qui sera arrêtée quand ceux-di redécouvriront que la Mena avait également beaucoup servi à Reagan !). L’avion était un ancien d’Air France (ici à Roissy en 1993, déjà repeint aux couleurs d’Ariana et photographié ici en 1988 sous les couleurs d’Air France ) ! La Mena, décrite ainsi en 1991 : „Quoi qu’il en soit Mena possède un aéroport et il ressemble de l’extérieur à un aéroport ordinaire, normal. La seule chose qui différencie Mena Aéroport de tout autre est le fait qu’il y a des rangées et des rangées de hangars pour entretiens d’avions Aujourd’hui, le réaménagement d’avion est une industrie qui est fort demandé par deux principaux clients payants. L’un d’eux est la CIA, et l’autre sont des trafiquants de drogue”… indique Mark Swaney, interviewé en sur la radio WBAI, qui continue un tableau assez affolant de l’endroit : „aujourd’hui, la Mena a le plus grand deuxième ou troisième – je ne sais pas exactement, en tout cas l’une des plus grosses installations de réaménagement d’avion des États-Unis. Et comme telle, elle a été – bien avant l’épisode des événements au Nicaragua – une base des opérations secrètes de la CIA- et reste à ce moment encore une base de la CIA”. En somme, les avions d’Ariana affrêtés par Victor Bout étaient entretenus par la CIA… voilà qui est aussi très clair, et même indéniable ! La fable de la découverte de 1998 de „techniciens” d’Al-Qaida réparant les avions d’Ariana ne tient pas la route deux minutes : c’était bien ceux de la CIA ! Les „équipes au sol du trafiquant d’armes clandestines Victor Bout” qui „effectuaient des tâches de maintenance sur les avions d’ Ariana Airlines ” n’étaient autres en réalité que des gens de Dodson International Parts, société installée à la Mena, comme nous allons le voir.

Un deuxième cliché plus récent encore ruine la maison de briques du petit cochon effarouché Wolosky. La fable s’effondre. Celui d’un bus, fourré comme il se peut dans la soute d’un Illyushin-76, sur une base américaine le 30 décembre 2009. Poussé par les hommes du 380th Expeditionary Logistics Readiness Squadron stationnés pour l’occasion à l’Andrews Air Force Base. Deux bus, exactement, de 44 places, note le site. Direction l’Afghanistan. Dans le reportage, on ne parle que du modèle „russe” de l’avion. Or, sur sa queue, son code, EK-76787, indique qu’il s’agit d’un avion de …. Phoenix Aviation. Un bloggeur note que ce transport n’a au fond aucun sens :”on dirait une part de l’argent pour le programme Clunkers (la reprise des vieilles voitures aux USA ). Prenez un bus à 75 000 dollars et dépensez 60 000 dollars le faire voler à l’autre bout du monde. Alors qu’un bus chinois coûte ….35 000 dollars et largement moins à transporter…” un autre ajoute, hilare : „plan impressionnant, mais lorsque vous calculez le coût du fret, ce doit être l’autobus scolaire le plus cher au monde”. Mais transporté à grands frais par Phoenix Aviation… société de Victor Bout ! L’avion est l’ancien RA-76787, de chez „Magadan Avia” Leasing et „A400”. La même société qui volait en 2004 en ill-18. Avec son RA-76464 photographié ici à Sharjah en mars 2010. Un transport de deux bus de cette manière n’a en effet aucun sens. Mais c’est fout ce qu’on peut aussi caser, dans un bus, comme sait si bien le faire l’ISI en Afghanistan … rappelez-vous donc ! Le but du jeu n’est pas de se rendre utile : le car on ne sait pas ce qu’on va en faire à Kaboul (à moins qu’il ne serve de transport à autre chose !) : le but du jeu est de facturer à Phoenix Aviation une prestation qui lui fait empocher un bénéfice conséquent. Evidemment, dans le contrat, il ne faut pas chercher non plus l’appel d’offres et la mise en concurrence : c’est encore un de ces fameux „no bid contract”, à savoir un choix sans aucune concurrence. Le système est parfait : les bus ne servent strictement à rien dans cette histoire !

Phoenix , déjà décrit sur Agoravox en mars 2008 : „en 2003 encore, en effet, les fameux Antonov de Bout ont effectué 190 rotations en Irak. A partir bel et bien d’aéroports contrôlés par l’armée américaine. Tout est consigné dans un document, disponible ici. On y apprend que la société Phoenix Aviation se chargeait des transports d’armes à bord d’Ilyushin 18 et de quelques Boeing 737, immatriculés cette fois aux Emirats Arabes Unis. Une autre firme, Mega Airlines, immatriculée au Kazakhstan et dotée de 3 Boeing 727 et de 4 Ilyushin IL-18 a également servi aux transferts. Mega Airlines provient de la société Trans Aviation Global Group et de Air Bas, deux anciennes compagnies de Bout, appelée aussi parfois Irbis, qui détient un vieil Antonov 12 qui a pas mal sillonné le monde pour un avion cargo. Enregistré sous le nom de Trans Air Congo à Kinshasa , il provenait de Dolphin, encore une autre société écran de Viktor Bout. Immatriculé A6-ZYB , il est devenu 9L-LEC chez une firme nommée Skylink/Aerolink… on le retrouvera en Irak également, avant qu’il ne se crashe au Congo . Les avions de Viktor changent régulièrement d’affectation et d’immatriculation, meilleur moyen de brouiller les pistes pour ceux qui veulent prouver leur utilisation délictueuse”.Bref, le système est en place et fonctionne : au gré des coups de pinceaux, Viktor Bout jongle avec ses appareils et brouille les pistes. Chez lui, un appareil reste rarement trois mois avec la même décoration. Voire le même enregistrement.

Phoenix Aviation, créé avec un „ami” américain assez particulier,, un cas „passionnant : „en 1993, Richard Chichakli se lie d’amitié et d’affaires partenaires avec But. En 1995, l’aéroport de Sharjah embauche Chichakli comme directeur commercial d’une zone de libre-échange aujourd’hui très utilisée par Bout. Chichakli, un Syrien de naissance, a un aspect intéressant. Il prétend avoir été ami avec Oussama ben Laden alors qu’il étudiait en Arabie saoudite au début des années années 1980 (…) En 1986, il a déménagé au Texas, est devenu un citoyen américain, et a servi dans l’armée des États-Unis jusqu’en 1993, se spécialisant dans l’aviation, l’interrogatoire, et les services secrets. Il affirmera plus tard que non seulement il a servi dans l’armée américaine, mais aussi qu’il passé environ 18 années à travailler dans les services secrets (qui, si c’est vrai voudrait dire aussi qu’il était un agent de renseignement quand il était ami avec Ben Laden). La encore, on sait donc qu’il est, mais on laisse faire… Chichakli est un homme-clé des opérations : c’est le point d’ancrage sur le sol américaine de Viktor Bout.

Comme le dit un grand spécialiste de Bout, relevé encore par Farah… : „Il avait un réseau logistique, le meilleur dans le monde”, dit (notre fameux) Lee S. Wolosky, un ancien membre du personnel au Conseil de sécurité nationale (NSC), qui a dirigé les efforts inter-institutions des États-Unis pour suivre Bout à la fin des années 1990. „Il ya beaucoup de personnes qui peuvent livrer des armes à l’Afrique ou l’Afghanistan, mais vous pouvez compter sur une main ceux qui peuvent fournir les principaux systèmes d’armes rapidement. Viktor Bout est au sommet de cette liste.”Question logistique, s’est en effet rôdé : ce qui va enrichir Bout, c’est de faire des vols retours qui rapportent eux aussi :”l’argent est venu en quantité quand il a réalisé qu’il pouvait voler lucrativement avec une cargaison commerciale sur les vols de retour des armes. Son plus beau coup il le fera avec des glaïeuls achetés 2 dollars à Johannesburg et revendus 100 dollars à Dubaï”. Lee S. Wolosky peut après ça toujours venir parler en 2010 de sa „grande surprise” de découvrir le Pentagone utilisant les avions de Victor Bout : c’est lui qui organisait son trafic dans les Balkans ; vingt ans auparavant !

A la Mena, au beau milieu des Etats-Unis, il se passait donc de bien étranges choses. Au fond de l’Arkansas, pays des Clinton mais pas uniquement : la Mena relie également Bill Clinton à Bush père : „Beaucoup de gens ne savent pas que l’Arkansas a été très fortement et très profondément impliqué dans l’affaire Iran-Contra tout le temps où le gouverneur s’appelait Clinton ???? Le Gouverneur de l’État ! Et il y a eu de nombreuses histoires écrites à ce sujet dans la presse. Eh bien l’histoire, c’est que Mena Mena est une ville très petite au milieu des montagnes du sud-ouest de Ouachita, au sud-ouest de l’Arkansas et ce n’est pas un hasard, car c’est aussi situé dans le disctrict du congressiste John Paul Hammerschmidt, le troisième de l’Etat. Or il s’avère que John Paul Hammerschmidt est aussi l’un des très proches amis de George Bush (père) : il a été le Presidential Campaign Manager pour sa campagne de 76 et à nouveau en 1980. Les deux personnes sont très proches”. Hammerschmidt, pilote émérite décoré de la Distinguished Flying Cross. Hammerschmidt, qui avait battu Clinton de quelques voix, lors de l’élection de 1974, en pleines suites du Watergate, où a été abondamment utilisé la „dénégation plausible”. Hammerschmidt, proche des milieux d’extrême droite US, resté fort intéressé par les questions d’aviation et resté aussi visiblement très proche des services spéciaux : il fut en effet membre en 1989 de la Commission on Aviation Security and Terrorism (PCAST) après l’explosion du Boeing de la Pan Am de l’accident de Lockerbie, (Flight 103) survenu le 21 décembre 1988. La Mena a donc bien deux mentors ! Un républicain tendance dure, et un démocrate tendance molle. Mais à la Mena, on ne fait pas que fourbir les avions pour les Contras au Nicaragua .

A la Mena, les avions d’Ariana ont été clairement vus, notamment chez Dodson International Parts, une société de pièces détachées d’avion de l’Arkansas, installée sur place à Rantoul.En septembre 2009, elle vendait toujours un vieux B-727 d”Ariana qui a donc depuis trouvé preneur…. „Une autre révélation intéressante qui se répercute au travers des échos des opérations secrètes de renseignement américains est la confirmation que Dodson exploite une entreprise distincte dans l’Arkansas appelé Mena Aerospace Inc, situé à l’Intermountain Mena Aéroport municipal. En fait, un site Web de spotters a même espionné un avion appartenant à Dodson International sur la piste de la Mena l’aéroport en 2006. Cet aéronef est actuellement inscrit chez Dodson International, selon les registres de la FAA, mais il était la propriété dans le début des années 1990 d’Ariana Afghan Airlines”. A la Mena, il y a deux entreprises spécialisées dans la peinture d’aéronefs de grande taille : dans un si petit aéroport, c’est plus qu’étonnant. La encore, nous y reviendrons bientôt… Or, à partir de Dodson, on retombe sur ce qu’on déjà croisé ici à de multiples exemplaires : le trafic de drogue incluant des jets, dont le fameux DC-9 capturé à Mexico avec 4,5 tonnes de cocaïne à bord le 21 avril 2006 et particulièrement bien repeint, avec des symboles calquant très pour trait une organisation gouvernementale. L’appareil appartient à O’Connor’s Core Investments, une firme créée par le pilote du Gulfstream II crashé au Yucatan bourré de plus de 120 sacs de coke (pour 4,5 tonnes à nouveau !), qui avait été rachetée par Dodson ,juste avant le crash. Armes, drogue, la Mena a servi a beaucoup de choses… on retombe sur du sulfureux ! On saura peut-être un jour ce qui s’est passé la-bas (j’y reviendrai bientôt), et pour l’instant ne retenons qu’un nom : celui de Barry Seal, ami de Peter Goss(patron de la CIA sous G.W.Bush) et mercenaire des Contras, roi du pilotage de C-123 Provider et mort assassiné à Bâton Rouge, en Lousiane, le 19 février 1986 alors qu’il venait juste de commencer à parler. Dans le milieu, on ne fait pas de vieux os avec une langue bien pendue. Ses tueurs ? Des membres du Cartel de Medellin , retrouvés et envoyés en prison pour la vie en 1987.

Tout un système, donc, avec des pistes d’atterrissages semi-clandestines au cœur même des Etats-Unis, où atterrissent des „avions gris”, le surnom que l’on donne à ceux qui n’ont pas de marquage visible. Ou, qui, lorsqu’ils en ont un, est le même qu’un tout autre appareil existant : ce qui signifie que l’Agence Fédérale Américaine de l’Aviation couvre elle aussi les opérations ! La Mena, ou Base Camp , minuscule aéroport du Nevada en plein milieu d’un ancien site d’essais nucléaires (idéal pour dissuader les visiteurs, les panneaux dissuasifs „attention aux radiations” ça aide ! – ça ou les rumeurs sur les martiens !-) où avaient été vus de petits avions, un Pilatus blanc (V20A/PC-6), un CASA militaire, CN-235 immatriculé 66049, et deux Cessna Caravan 208 (N208NN et N403VP) de la base de Pope, du 427th Special Ops Squadron, spécialisé dans les opérations „hors normes officielles”. Un bien étrange „campement” muni de caméras et de gros radars. Qui reçoit régulièrement la visite de son Beechcraft N20RA attitré, celui de Janett Airlines, les avions liés aux activités les plus secrètes. Pas loin de la base de Nellis. Des avions tous retrouvés à Bagram, en 2003, aux côtés d’un Hercules, le C-130 N923SJ, assez spécial, lui aussi, car doté d’une décoration civile de Southern Air Transport, nommé aussi Air Foyle, qui sera vu lui aussi au retour sur le terrain de Base Camp . Et deux ans plus tard déjà repeint aux couleurs de Prescott Support Compagny( alors N3755P), puis devenu le N° 382-4673 chez Safair, censée travailler pour la firme de pétrole Oil Spill Response Ltd, OSRL. Bref, un avion changeant souvent de look. Un C-130 régulièrement vu en même temps que les gros Ilyushin IL-76 de…Victor Bout, qui a partagé Air Foyle Charter, via un des paravents de Bout appellé Norse Air Charter… A l’occasion Bruce Bird, le porte-parole d’Air Foyle, avait avoué que „Victor se présente à nous tous comme une personne et une entreprise dignes de confiance J’ai eu une longue conversation avec lui en Afrique du Sud et il semblait avoir un bon sens pratique qui comprenait l’entreprise. Nous ne savions pas que Bout était soupçonné jusqu’à ce que les journaux le rapportent. „

C’est fou, en effet, avec Victor Bout le nombre de gens qui ne savaient pas ce qu’il faisait exactement…

PS : en attendant d’en savoir davantage, on peut regarder l’excellent reportage de CBS de mars 1994 sur le sujet de la Mena. La mise en cause de Rich Moutain Aviation y est nette et affirmée. De même que les manœuvres judiciaires pour cacher tout le trafic. On en reparlera bientôt en détail. Le documentaire de 1987 avec le logo „war on drugs” (à mettre aux côtés de ’War on Terror”) est tout aussi affligeant pour le régime de Clinton. La cocaïne est bien citée comme le moteur financier de la fourniture d’armes aux Contras. C’est le début d’une histoire qui se continue aujourd’hui… en Afghanistan . L’avion civil utilisé sur les bases US de l’armée était déjà déguisé en appareil humanitaire… l’avion était un DC-6 du Honduras. „Dans son témoignageen date du 9 août 1985, Oliver North résume dans une réunion avec Robert Owen („Rob”), sa liaison avec les contras. Ils discute d’un avion utilisé par Mario Calero, le frère d’Adolfo Calero, chef de la FDN, pour le transport de fournitures aux contras de la Nouvelle- Orléans au Honduras . North, écrit : „Le DC-6 du Honduras qui est utilisée pour les vols de la Nouvelle-Orléans est probablement être utilisé pour le transport de drogue aux Etats-Unis”. Très tôt, on trouve des Ill-76 dans l’histoire : n avril 1983 trois avions Libyens (LARAF) Il-76TDs et un C-130 atterrissent à l’aéroport de Manaus , au Brésil, après qu’un des l’IL-76 ait annoncé avoir certains problèmes techniques. Les appareils ont ensuite été fouillés par les autorités brésiliennes : au lieu de fournitures médicales – comme cités dans les documents de transport – il y avait 17 caisses avec dedans des avions Aero L-39 démontés à destination du Nicaragua. La cargaison a été mis en fourrière, tandis que les transports ont été autorisés à retourner en Libye d’où ils venaient. Les avions étaient siglés des Jamahiriya Air Transport. A Tripoli , on peut en voir encore, toujours actifs, avec en fond d’aéroport les avions de l”époque, abandonnés.

Episodul 4

Dans les pays cités parmi ceux qu’ont le plus visité Viktor Bout et ses avions, figure un pays européen central : la Roumanie, ex satellite de l’URSS libéré de son joug dictatorial Ceaucescien, à la chute de l’emprise russe. Comme tous les pays périphériques d’une machine de guerre devenue folle et démesurée, c’est un grand fournisseur en armements. Un pays membre désormais de l’union européenne, mais qui a continué à produire des armes, notamment légères, en quantités astronomiques : c’est sa façon d’entrer dans „l’économie de marché” sans doute. Avec la Slovaquie, la Moldavie et son croupion de Transnitrie, nous avons là les principaux lieux de production d’armes dans le monde européen. Logique d’y voir passer régulièrement les avions d’approvisionnements de Viktor Bout. La plupart des armes ayant servi lors lors du conflit Rwandais provenaient de cette région du monde. Apportées par les Antonov ou les Tupolev de Bout, en même temps que les miliaires français dépêchés sur place…

La Roumanie, donc et son industrie de matériel de guerre. Sur les forums des obnubilés par les armes („un public averti” !), on vante les copies de „Dragunov à vendre”,déniché sur Internet ! La Dacia Logan et Sandero, mais pas que cela donc : la Roumanie est le onzième producteur d’armes dans le monde. Regia Arsenalul Armatei et RATMIL, La Compania Nationala Romarm, S. C. Metrom Sa, S.C. Avioane Craiova S.A., S.C. Uzina Mecanica Cugir S.A.et stimpex s.a. SPECTRUM Ltd. Aerostar S.A sontles usines principales. Devant une telle pléthore de firmes et de produits, il existe bien une „filière roumaine” de Viktor Bout pour les écouler : „Les avions de Victor Bout ont opéré non seulement de la Roumanie, mais aussi de pays voisin, comme la République de Moldavie. Un de ces avions immatriculés en Moldavie, l’ER-75929 (un Il-18 photographié ici à Chisinau) a effectué 73 vols, dans le trafic d’armes de la Roumanie pour l’Afrique, via le tarmac de l’aéroport militaire de Bucarest Otopeni-sous le nom d’Air Acvila (code RRM), une société détenue par le ministère roumain de la Défense”. Pour donner le change, le même avion transportait l’équipe nationale de foot de Moldavie en 1999. Et était photographié aussi à …Ostende.

Tous ces vols sont suivis de près par… la CIA.”Un journaliste de la télévision polonaise, M. Witold Gadowski, a rapporté dans son article, publié en Mars 2008, que de seulement juillet 1997 à octobre 1998, des officiers de la CIA ont répertorié 37 vols d’avions de Victor Bout de la Mer Noire, à l’aérodrome de Burgas vers les pays africains. Seulement pour l’Angola, les compagnies aériennes de Victor Bout ont livré pour 15 millions de dollars de dollars d’obus d’artillerie, 20 milles obus de mortier ainsi que 20 lanceurs de missiles et 6 300 missiles. En Afrique, Bout a coopéré avec un autre fameux marchand d’armes, Ranjivan Ruprah, du Kenya. „Burgas était le nœud central du trafic de cigarettes organisé au profit de Milosevic, auquel a aussi amplement participé Victor Bout. La Roumanie n’a pas arrêté de vendre depuis, loin de là. Au 1er septembre 2010, un rapport indiquait que la Roumanie avait accordé 432 permis en 2009 pour des ventes d’armes, dont 294 „d’importation et de transfert”pour une liste de clients dont la tête était tenue par l’Algérie, l’Afghanistan, les USA et l’Iraq pour 145 millions de dollars au total. Les importations représentant 72 millions de dollars, notamment de de France (!), des USA et d’Iraq (?). le 19 juin 2010, Amnesty dénonçait ce trafic en termes très nets. „Le rapport cite en tant que vendeur bulgare provenant de Sofia les armes livrées par Armico Ltd, qui avait l’autorisation du gouvernement bulgare de les exporter au Rwanda. La Bulgarie, les gouvernements français et kenyans qui ont permis l’exportation et le transit de la cargaison d’armes à travers leurs territoires ont omis d’arrêter ces transferts, selon le rapport”.

En 1989, l’effondrement de l’URSS ruine littéralement l’industrie d’armement roumaine, qui perd alors 90% de ses commandes : il faut trouver de nouveaux débouchés, et c’est ce dont vont se charger les militaires eux-mêmes. „Au sommet de l”organisation du trafic roumain, des personnes du sérail militaire. En fait, la gestion du réseau d’entreprises sous-traitantes appartient au colonel George Dumitrescu, un officier de haut rang de la brigade anti-terroriste du SRI (le Service roumain de renseignements intérieure), qui a coordonné les activités des citoyens arabes et de leurs frères musulmans en Roumanie. Son cousin, l’ex- responsable du personnel de l’Académie du renseignement dans leannées 1990, a été nommé procureur de l’armée à la Cour suprême. Toutes les opérations de contrebande de cigarettes de ce réseau ont été soutenues par un général et le chef de la Division économique du contre-espionnage de la SRI.” La SRI joue un rôle extrêmement important dans la fabrication des faux papiers nécessaires au exportations clandestines d”armes. „Du personnel de la SIE (Foreign Intelligence Agency de la Roumanie) basés dans les ambassades roumaines a été chargé de préparer les faux documents nécessaires pour les opérations commerciales des trafiquants d’armes du réseau”. La section des commentaires à cet article du Times Online mentionne un lien entre Bout et le gouvernement roumain dans la période allant de 1996 à 1999 en la personne du colonel Gigel Bratiloveanu. Ce colonel travaille actuellement comme conseiller économique pour l’Ambassade de Roumanie à Moscou, de sorte que le gouvernement roumain ne doit pas être très loin de ses activités. Après tout, l’ambassade se trouve à Moscou, pas en Sibérie.”‘ L’homme cité aurait eu un rôle dans les événements qui ont conduit Bout en prison : „Maintenant, M. Bratiloveanuest chargé en tant que représentant commercial de l’ambassade de Roumanie à Moscou. C’est lui qui a donné la clé USB à Viktor Bout avec dedans le prix roumain des systèmes de missiles sol-air pour la guérilla des FARC”.

Roumanie, Moldavie mais aussi Slovaquie. Parfois, les avions de Bout font le relais pour les autres : en janvier 1999, le Sunday Times, de Londres, a également indiqué que Sky Air Cargo, de Londres, et la Airlines Occidental, d’Ostende appartenant à un commerçant belge d’armes, Ronald Rossignol et ont utilisé de vieux Boeing 707 chargés de fusils d’assaut AK47 et des mortiers portatifs de 60 mm vers Bratislava, la capitale slovaque. Soi-disant destinés à l’Ouganda, les armes, 40 tonnes à la fois, sont allées au Libéria et la Gambie, où ils ont été ensuite transférées sur les vols à partir d’un aérodrome de brousse à Kenema en Sierra Leone, par les services de Victor Bout. Finalement, les armes ont été apportées à des rebelles dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). On le voit, quand ce ne sont pas les avions que l’on déguise, ce sont les trajets que l’on rend complexes.

La Roumanie donne également à Viktor Bout l’occasion d’ouvrir d’autres portes. Parmi les russes expatriés, beaucoup deviennent citoyens israéliens. „Dans ces nébuleuses, les membres des mafias de l’ex-URSS, devenus ressortissants israéliens, sont de plus en plus nombreux. Shimon Naor est ainsi suspecté par la Roumanie, son pays d’origine, d’avoir frauduleusement alimenté en armes le Burkina Faso et le Togo entre 1996 et 1999” note Fanny Pigeaud de RFI. Israël, fort demandeur en armes de toutes sortes, a en effet déjà un pied dans la place : Un exemple en est l’activité de la société israélienne Romania Emtam, qui a tenté d’exporter en Israël plus de 3 000 lance-flammes adaptables sur armes automatiques qui avait été illégalement fabriqués en Roumanie. Afin d’obtenir la licence d’exportation, les lance-flammes avait été étiquetés comme „pièces de tour industriel”. Viktor Bout est évidemment à l’affut. „Son partenaire israélien en Roumanie, l’amiral Shimon Naor, un ami de l’ex-président roumain Emil Constantinescu, le fait entrer dans l’arsenal de Romtehnica, et les entreprises roumaines de Defense. Les cigarettes embarquées selon les papiers à bord de l’avion d’Air Sofia, seront en fait, des fusils et des munitions chargés à Bucarest-Otopeni pour une destination sous embargo en 1998 (la Sierra Leone). Qui est Naor Shimon ? Ou plutôt, qui est le lieutenant-colonel Shimon-Hershkovitz ? C’est Ha’aretz qui l’explique, dans le contexte des scandales de corruption au ministère de la Défense israeilien (…). A après sa sortie des Forces de défense israéliennes, Naor Shimon est devenu un marchand d’armes pour plusieurs entreprises israéliennes. Il sera arrêté en Roumanie au mois d’août 1999sur la suspicion de vendre des armes roumaines, au moyen de faux documents (ceux des certificats de l’utilisateur final, qui indiquent que les armes étaient à destination auTogo) à la guérilla deJonas Savimbi, violant ainsi les sanctions de l’ONU sur les ventes d’armes à l’Angola”. Naor, arrêté en Jordanie en 2004 et condamné en 2006 à 11 ans de prison recevra six années de plus pour activités criminelles. Mais il avait réussi à s’enfuir, grâce à l’imbroglio de la justice roumaine. Fuyard, la France l’a retrouvé en mai dernier : „Bucarest a demandé samedi aux autorités françaises le transfert d’un ressortissant roumano-israélien condamné à onze ans de prison pour trafic d’armes et arrêté en France . Selon les autorités roumaines, Shimon Naor, âgé de 60 ans et recherché depuis 2006, „a falsifié plusieurs documents de transport” obtenant „une licence d’exportation d’armement et de munition dans des pays soumis à un embargo”. Selon l’agence de presse Mediafax, les armes auraient été transportées au Nigeria et en Érythrée. M. Naor qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt européen, avait été arrêté en août 1999 et libéré pour des raisons procédurales. Il avait aussitôt fui la Roumanie mais a été jugé par contumace (ROMÂNIA LIBERĂ)” nous apprend l’ambassade de France en Roumanie”. Dans la presse, rien sur le personnage. En mars 2007, Air Sofia avait été interdite de vol et s’était aussitôt mue en United International Airlines, une compagnie…serbe, disposant de 5 vieux Antonov 12 (YU-UIA. YU-UIB, YU-UIC, YU-UID, YU-UIE).

Devant la forte demande du Libéria, ou émanant du conflit Rwandais, Bout va être obligé de se disperser, et de confier des transferts à d’autres associés tels que Leonid Minin, trafiquant arrêté en Italie dans des conditions rocambolesques évoquées ici.Dans son rapport de juin 2010, Amnesty revient sur son jugement. „Les documents de la Cour semblent montrer comment Minin aurait fourni non seulement les armes, mais aussi un avion qui a servi à les transporter au Libéria. Avec l’aide d’une société immatriculée à Gibraltar, aurait Minin pris des dispositions pour la livraison d’armes à transporter de l’Ukraine à Burkina Faso à l’aide d’un Antonov-124 un aéronef exploité par une société du Royaume-Uni et a fourni un certificat d’utilisateur final indiquant ostensiblement que les armes étaient destinées au gouvernement du Burkina Faso. Les documents de vol et les photographies révèlent que les armes ont ensuite été envoyées sur Ouagadougou, et de Bobo Dioulasso au Burkina Faso vers le Liberia, en utilisant un jet privé BAC-111 appartenant à Minin, enregistré aux ïles Caïman.”

Cela n’a pas de fin, semble-t-il en effet. „Le lien entre l’aéroport d’Ostendeavec des entreprises de trafic d’armes semble être une histoire sans fin. Selon le Sunday Times de Londres du 3 juillet 2005, et un rapport d’Amnesty International du 5 Juillet, 2005, African International Airways a fait un total de six vols en provenance de l’Albanie vers capitale rwandaise de Kigali à la fin 2002, et début 2003 en pleine violation des sanctions de l’ONU, transportant plus de 250 tonnes d’armes dans des DC-8 acargos. La cargaison d’armes, composée de mitrailleuses et de munitions de pistolets, des grenades et des lance-roquettes, a fini dans les mains de groupes rebelles soutenus par le Rwanda basé dans la province du Congo en proie aux conflits de l’Ituri et reconnus coupables d’actes de torture, de viol et assassinat. African Airways est depuis de nombreuses années un visiteur très régulier à l’aéroport d’Ostende. Ainsi, ont également été enregistrés à la fois des appareils du Swaziland en AIA, des DC8 responsables de vols d’armes et il en reste encore trois autres en Afrique du Sud enregistré AIA également. L’organisateur du transport d’armes était un courtier en location du Royaume-Uni, Platinum Air Cargo, qui a également une branche à Ostende enregistrée dans un siège adjacent à l’aéroport.”

Le procédé d’envoi par faux documents d’export passe toujours par l’émission de faux documents d’exportation, en provenance soit de la Roumanie, ou de la Bulgarie, nous dit Amnesty : „Le 16 Janvier 2007, le gouvernement rwandais a publié un „certificat d’ utilisation finale” (EUC) pour l’acquisition de 49 kits de pièces et outils pour canons de 14,5 mm KPVT. Selon l’EUC, les armes devaient être achetés par une société de courtage d’armes enregistrée au Royaume-Uni, System Use Contract Ltd, qui ne semble pas avoir obtenu de licence de courtage du gouvernement britannique pour la transaction. Les documents de transport indiquent que les pièces de mitrailleuses ont été fournies par une firme basé à Sofia, Armico Ltd, agréée pour l’exportation au Rwanda par le gouvernement bulgare. Les armes ont été finalement exportées de Sofia le 19 Septembre 2008″…. via les avions de Viktor Bout !

Mais il n’y a pas que la filière Bout : dans un étonnant document, Amnesty démontre dans le même rapport que des armes ont été encoyées à Kigali via des avions… d’Air France, et même pas via des avions cargos : les passagers étaient donc assis au dessus des armes, disposées en soute ! „Les documents de transport montrent que l’expédition a été réalisée sur une base régulière du vol régulier de passagers d’Air France (numéro de vol AF2687 ) à partir de Sofia vers Charles de Gaulle, à Paris . Il s’était ensuite rendu à Nairobi sur le vol KQ 8002 le 24 Septembre 2008. Sa destination finale, dans les documents de transport, était Kigali . Le document d’expédition énumère également une société sud-africaine comme étant en charge de la manipulation du cargo.” Amnesty, très amer, conclut : „les entreprises françaises, bulgares et d’Afrique du Sud semblent avoir agi en toute légalité. Les gouvernements de la Bulgarie, de la France et ldu Kenya qui ont permis l’exportation et le transit de l’envoi à travers leurs territoires n’ont rien fait dans ce cas pour arrêter les transferts d’armes irresponsables. Dans le cas de la France , les mécanismes institutionnels pour le faire correctement ne sont pas en place.La France , aux côtés de la Belgique, a été à la pointe pourtant des efforts multilatéraux visant à intégrer les transporteurs dans les transferts d’armes et les mécanismes d’octroi de licences”. Notre bon ministre Morin, futur démissionnaire, devra bien s’expliquer un jour sur le vol AF2687… où des passagers français sont partis assis sur des bombes volantes… Viktor Bout a toujours bénéficié d’un laxisme généralisé ! Celui des Etats, tous heureux de se trouver une couverture.

D’autant plus que la circulation de ses avions au Rwanda a bien été répertoriée. „Pendant dix semaines environ pour l’entretien et la rénovation. Inscrit comme 9XR-SC (ici à Zaventem), l’avion est de propriété rwandaise, appartient à Silverback Cargo Freighters, fondée en 2002. Selon le rapport d’Amnesty du 5 Juillet, 2005, deux avions DC8 de Silverback, le 9XR-SC ’-(ici à Ostende en décembre 2004) et le 9XR-SD (ici à Adis-Abbeba) ont effectué une autre série de livraisons de munitions de l’Albanie à Kigali , d’avril à Juin 2003. Entre Mars et Septembre 2004, l’avion de Silverback-9XR-SC a été loué à des services aériens internationaux pour le transport de quantités supplémentaires d’armes en provenance d’Europe orientale vers le Rwanda. (…) La société du Libéria est la dernière création de marchand d’armes Duane Egli. Lorsqu’en 2003 Egli, avec Ducor World Airlines s’est déclaré en faillite Il restait deux autres Lockheed Tristar au Kyrgyzstan ! le N°1201, ex-Tradewinds et ancien 5X-AAL d’Almidon Aviation est alors devenu EX-102, (stocké ici à Sabiha Gokcen en Turquie), sera scrappé à Ras al-Khaimah en mai 2007. En février de la même année, sous les couleurs de Reem Air, il balladait encore les pélerins vers la Mecque…. chez Bout, tout était bon pour se faire de l’argent !

Un Viktor Bout aidant les français au Rwanda ? Pas qu’un peu ! Voilà ce qu’en dit Laurent Léger dans „trafics d’armes” :”Ah, ces ingrats de Français. Les diplomates du Quai d’Orsay ont plaidé pour que l’empereur du trafic d’armes soit inscrit sur la liste noire des Nations Unies. Et pourtant : l’une des opérations militaires françaises les plus importantes de ces dernières années s’est en partie déroulée grâce à lui. Peu de spécialistes le savent mais c’est Victor Bout qui a fait démarrer Turquoise, l’intervention française au Rwanda , sur les chapeaux de roue.(…)” Et pourtant… Lors des auditions de la mission d’information sur le Rwanda , une étrange amnésie française va frapper : on ne trouve nulle part le nom de Viktor Bout. Interrogé, le ministère de la défense français affirmera bien que „pour la mise en place des forces de Turquoise, il a été fait appel à une centaine de rotations d’Antonov qui, à partir de cinq plates-formes en France, notamment Roissy, Nantes, Istres et Lyon, ont amené les personnels, les matériels et les ressources” sans en citer le propriétaire : ce bon Viktor.

Et pourtant : „c’est grâce à Michel Victor-Thomas que celui à qui un ministre britannique a un jour collé l’étiquette de « Bill Gates du trafic », a transporté les troupes françaises en 1994. « Le 21 juin, j’ai reçu un coup de fil d’un commissionnaire de transport mandaté par l’Etat-major des armées », raconte-t-il. « On a des urgences sur Turquoise. Est-ce que tu peux passer nous voir », me dit-on. J’y vais, et on me donne carte blanche. Après cela, j’ai travaillé en ligne directe avec l’Etat-major pour toutes les questions logistiques. » Patron de la société Spairops, une entreprise d’affrètement d’avions, Victor-Thomas se charge de trouver les Antonov, les énormes avions-cargos qui transportent les matériels les plus gros qui soient. La « faiblesse » et l’« état de délabrement du transport aérien militaire français », selon un expert, sont tels que l’armée, avec ses Transall et ses C-160 insuffisants, doit sous-traiter au privé le transport de ses troupes et de ses équipements. Dans l’urgence, il faut se débrouiller”. Le système débrouille, grande spécialité française. Car il est vrai qu’en face, c’est du lourd : Bout a étoffé son offre dans de sérieuses proportions.”Quand on demande à Bout un avion en urgence, il répond « OK, à quelle heure ? » et accepte de faire décoller ses appareils sans paiement d’avance, ce qui est rarissime dans le métier, se souvient Michel Victor-Thomas. Il ne faut pas perdre de vue que l’armée française paie au mieux à échéance de 90 jours…” La meilleure sans doute celle-là : Viktor Bout accordant un CREDIT à l’armée française qui saute aussitôt sur l’occasion…. „Au plus fort du transport – de la « projection » sur le terrain, disent les militaires -, douze avions voleront en même temps” énonce Laurent.

„Deux de ces trois avions transportaient du personnel. Et le troisième transportait des munitions (…) pour l’armée rwandaise (.. )cils restèrent quelques minutes à l’aérodrome et aussitôt après (les munitions) étaient chargées sur des véhicules qu’ils dirigèrent vers le camp de Kanombé”écrit un officier belge sur l’attitude de la France lors du génocide rwandais dans Le Monde du 23 juillet 1995. Pour d’autres, dont un président en exercice, l’opinion est différente il semble.

Si Viktor Bout est en procès un jour (prochain) à Washington, les français iront-ils le défendre pour le remercier de les avoir autant aidés, dans une opération présentée par le président actuel comme exemplaire ? Certainement pas. Dans ce genre de milieu, vous n’y pensez pas !

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